Le jazz hors de France
Un rayonnement tardif, mais mondial. Le jazz manouche, plus d'un siècle après sa naissance en Europe et plus particulièrement en France, a rapidement gagné l'Europe, mais plus récemment le reste du monde. Sur tous les continents, de New York à Tokyo, la rythmique entêtante et les arpèges virtuoses font résonner les villes.
En Europe, le jazz manouche a une scène relativement prolifique depuis longtemps. Aux Pays-Bas d'abord, qui compte l'une des scènes les plus actives du continent, avec des précurseurs tels les frères Rosenberg, actifs depuis les année 80, ou encore Fapy Lafertin et le Lolo Meier Quartet. Mais aussi de nouvelles formations comme le Robin Nolan Trio, crée en 1992, ou encore Pigalle 44 (formation du guitariste Reiner Voet), et le Paulus Scháfer Gypsy Band (depusi 2002).
L'Alsace fait figure de berceau pour beaucoup de musiciens manouches, il était donc normal que l'Allemagne ait vent de ce jazz et qu'émerge peu à peu une scène locale. Schnuckenack Reinhardt a lancé le genre dans les année 40, à la même époque que Lulu Reinhardt et Titi Winterstein, puis Wawau Adler. L'Allemagne a été l'un des premier pays à avoir son festival dédié au jazz manouche: le Djangomemorial Festival a Augsburg et Burgthann, lancé en 1992. Même pays, autre célébration: les Sinti festivals à Hildesheim et Koblenz.
Du côté de l'Europe de l'Est, la Hongrie a depuis peu son Hot Club. Le pays a une relation un peu particulière avec le genre puisque c'est là qu'est né la musique dite tzigane. Improvisation, virtuosité du jeu, beaucoup d'éléments de la musique tzigane se retrouve dans le jazz manouche. Quant à la scène manouche, citons Kalman Balogh & The Gypsy Cimbalom Band, actif depuis la fin des années 1990, ou encore Trio acoustic.
De l'autre côté de l'Atlantique, aux Etats-Unis, les pionniers s'appellent John Jorgenson ou encore Pazzo Mehling. Ils ont largement contribué a faire connaître le jazz manouche, en créant respectivement le Hot Club de San Fransisco et en montant le John Jorgensen Quintet (sans oublier son interprétation de Django Reinhardt dans le film Nous étions libres!, en 2004).
Le genre connait un regain de popularité depuis le début des années 2000, avec des Hot Club qui se forment aux quatre coins du pays (Philadephie, New York, Détroit, San Diego, Phoenix...), et dont le Hot Club Sandwich de Seattle est l'un des plus actifs. Outre l'hommage à la musique de Django, beaucoup de groupes s'approprient le genre et y intégrent leurs propres influences. Dans le cas du Hot Club Sandwich, ce sont les sonorités sud américaines, bluesgrass et western swing. Pour les Vignatis, c'est un mélange avec le Rockabilly qui a donné naissance au Gypsybilly.
Le symbole de cette vitalité musicale en matère de jazz manouche sont les DjanjoFest qui gagnent régulièrement de nouvelles villes depuis leur création en 2001. Il en existe aujourd'hui 6.
Pour autant, la tendance reste dans beaucoup de pays à l'hommage à Django et Grappelli, et les nombreux Hot Clubs crées récemment à travers le monde, en Norvège, au Brésil, ou à Toyko, revendiquent ce purisme.